Conservation de l'espèce

 

Evolution de la population   Causes du déclin   Sauver les Marmottes

 

- Evolution de la population

 

Marmota vancouverensis a été décrite comme spécimen en 1910 par Douglas Peak, qu'il qualifia d' "abondante ". Entre 1864 et 1969, on a repéré des Marmottes sur 28 sites sur 25 montagnes. Les deux ou trois dernières décennies, 2 /3 de ces sites ont apparemment disparu.

Le Committee on the Status of Endangered Wildlife au Canada (COSEWIC), a listé Marmota vancouverensis comme espèce menacée en 1978, et légalement protégé par le B.C. Wildlife Act en 1980.

Les Marmottes se sont étendues au début des années 1980 :environ 10 sites colonisés. Puis, subitement, à la fois en nombre d'individus et en nombre d'habitats, ce fut le déclin, après 1994, le " crash ". Cette perte catastrophique s'est produite durant l'hiver 1994-1995.

La population actuelle est à la fois faible et très concentrée.

En raison des inquiétudes des chasseurs locaux et des naturalistes, la population a été régulièrement dénombrée depuis 1972, malgré un effort d'observation annuel variable. Les méthodes de comptage de base ont été utilisées avec un personnel ayant une expérience diverse des Marmottes, sur des sites individuels. Les observateurs examinent les prairies et les falaises à l'aide de jumelles ou de télescopes, écoutent les sifflements et recherchent les terriers, les fèces fraîches ou les marques de boue sur les rochers ou les souches.

Les marmottes ont été capturées, marquées et suivies de 1987 à 1995 dans 2 colonies naturelles et 3 colonies de clairières : la Réserve Écologique d'Haley Lake, la clairière de Vaughan Road, et au sommet de Green Mountain). Deux colonies de clairière ont été incluses en 1988 (Pat Lake) et en 1992 (Sherk Lake).

 

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- Causes du déclin

 

Le problème essentiel qui menace les Marmottes de l'île de Vancouver serait la production trop faible de marmottons dans de petites colonies sur un espace géographique trop peu développé.

Les Marmottes ont disparu particulièrement dans les extrêmes Nord et Ouest de l'île de Vancouver ;la population totale est à la fois petite et concentrée sur un petit territoire d'une superficie d'environ 150 km2. Bien que de nouveaux habitats se soient créés, la population totale a diminué de 60% en 10 ans. Ces dernières années, il y a eu davantage d'extinction de colonies que de nouvelles formations.

L'exploitation forestière a eu pour effet de concentrer les marmottes dans une aire géographique restreinte. Elles sont donc plus vulnérables à la prédation (pygargue à tête blanche, couguar, loup), aux maladies, aux changements de végétation et climatiques (i.e., chutes de neige, congères, température et pluies). La réintroduction dans des sites naturels historiques de marmottes nées en captivité pourrait permettre de rétablir l'espèce.

Le plus inquiétant récemment est l'activité humaine de déforestation qui entraîne une concentration des Marmottes, les rendant vulnérables à la sélection naturelle. Les maladies, le mauvais temps, et les prédateurs sont autant d'éléments susceptibles d'entraîner la disparition de cet animal unique.

De plus, comme nous l'avons cité précédemment, la formation de sous unités de faibles effectifs dans la population peut être une cause de leur extinction. Les Marmottes de clairières ont moins de marmottons et présentent des taux de survie plus faibles que les Marmottes des habitats naturels.

Un autre aspect écologique pourrait expliquer le déclin des Marmottes : un changement de leur habitat.

Cependant, la principale cause de mortalité reste l'échec de l'hibernation : les Marmottes ne parviennent pas à passer la mauvaise saison, essentiellement les " nouveaux &endash; nés ". Seulement 54% survivent lors de leur premier hiver passé dans leur habitat naturel. Dans les prairies, ce pourcentage peut être diminué à 43%. Les prédateurs sont la cause de 13% de la mortalité des Marmottes : une végétation trop dense, une densité de population localement concentrée, rendent les Marmottes particulièrement vulnérables.

Les marmottes de l'île de Vancouver sont rares, surtout du fait de leurs habitats parcellisés et dispersés. Le profond changement de climat et le développement de la forêt qui ont suivi la dernière période glaciaire n'ont laissé que de petites parcelles de prairies appropriées aux marmottes, typiquement dans des cuvettes avalancheuses ou sur les versants voisins (Milko 1984). M. vancouverensis peut fournir un bon exemple de dynamique naturelle d'une métapopulation consti-tuée de petites colonies au milieu de forêts ou d'habitats alpins non appropriés (Bryant 1990). Certaines caractéristiques comportementales de M. vancouverensis, son niveau élevé de socialité (Heard 1977) et sa capacité à réaliser de longs déplacements (Bryant & Janz sous presse), sont le résultat de son histoire évolutive.

La déforestation au-dessous de 800 m des années 1960 à 1980 a créé des milliers d'hectares d'habitats potentiels, offrant aux marmottes des sols propices à l'activité fouisseuse, des plantes variées à consommer, et une abondance de points de surveillance. Ceci, combiné aux conditions climatiques régionales favorisant des taux de survie élevés et une bonne reproduction, a permis aux marmottes d'occuper de nouveaux sites et d'accroître leur nombre au début des années 1980 (Bryant & Janz sous presse). Cependant, ce processus n'a entraîné ni une expansion de l'aire de distribution ni, malgré de nouveaux sites potentiels, un fort accroissement numérique.

Une interprétation de la distribution actuelle est basée sur l'idée que les habitats historiques de l'espèce ne sont plus appropriés du fait de l'évolution climatique et des modifications de la couverture végétale qui y sont associées. Cette hypothèse découle logiquement de celle de Milko (1984), qui suggérait que l'invasion des prairies subalpines par les arbres limite les habitats de marmottes ou entraîne une réduction de la nourriture disponible (Martell & Milko 1986). Dans ce cadre, les habitats anciennement occupés par les marmottes ont changé d'une façon qualitative, et l'espèce est naturellement confinée à une région géographique, aux conditions climatiques et végétales satisfaisantes, en déclin. La découverte récente de 5 sites préhistoriques de fossiles de marmottes, tous largement hors de la zone centrale de la distribution actuelle, soutien cette hypothèse. L'hypothèse d'une régulation climatique s'accorde aux vues de Thomas (1994), qui soutien que de nombreuses espèces rares dépendantes des conditions du milieu, disparaissant localement là où les conditions ne sont plus convenables, et colonisent des sites où les conditions s'améliorent.

La seconde interprétation est basée sur les notions de métapopulation et de source d'effondrement (Bryant 1990). Dans ce cadre, les habitats historiques de marmottes sont vacants car les extinctions locales n'ont pas été équilibrées par des recolonisations du fait de l'altération des éléments essentiels de la structure métapopulationnelle (dispersion réussie ou "connectivité") par l'activité humaine. Les preuves d'une telle structure chez M. vancouverensis comprennent l'observations de fluctuations des populations locales, d'extinctions et de recolonisations. La preuve d'une connectivité réduite est ambiguë ; l'idée que des habitats récents mais de mauvaise qualité, voisins des prairies naturelles, entravent la dispersion, est en accord avec les données génétiques (Bryant 1990), et la concentration spatiale des événements de colonisation (Bryant & Janz sous presse), mais des preuves d'une dispersion à longue distance dans un paysage modifié existent aussi .

Le choix entre ces hypothèses n'est pas aisé. Le problème fondamental est celui de l'absence de témoin expérimental (il n'y a pas de ligne de partage des eaux, déboisée, où les marmottes soient présentes et où des niveaux "normaux" de connectivité du paysage puissent être mesurés). L'hypothèse climatique, aussi, n'est pas vérifiable directement. Bien que des méthodes permettent de mesurer la stabilité des habitats (dendrochronologie, par exemple), il est impossible d'attribuer l'absence de marmottes de zones particulières à une relation de cause à effet basée sur la variation du climat.

La question de savoir pourquoi les marmottes n'occupent plus certaines zones est fondamentale pour leur protection. Si les modification climatiques ont altéré les habitats historiques, les efforts de restauration des colonies échoueront et il y a fort peu de choses que les gestionnaires puissent faire pour restaurer les populations. Au contraire, si l'altération de la connectivité du paysage est due à l'activité humaine, alors les déplacements peuvent être un moyen simple et économique de rétablir les populations de marmottes, et les perspectives d'un éventuel "rétablissement" de l'espèce sont alors excellentes.

 

 

Survie en fonction de l'âge chez M.vancouverensis dans les habitats naturels et les clairières.

 

 

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- Sauver les Marmottes

 

 

Un plan pour augmenter la population des Marmottes est réalisé sur l'île par des scientifiques, afin que l'espèce ne soit plus inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition. Le but est de retrouver 400 à 600 marmottes distribuées sur trois espaces de l'île de Vancouver. Ce plan s'accompagne d'une captivité des Marmottes suivie par une réintroduction dans leurs habitats.

De plus, des conventions internationales pour la protection des espèces menacées ont été signées par le Canada. (cf. § CONVENTIONS)

 

Initiatives de conservation :

 

Un plan pour la rétablissement de la Marmotte de l'île Vancouver a été approuvé en 1994; un plan révisé est en préparation. Les buts du plan sont : maintenir la population actuelle de Nanaïmo et du lac Cowichan au-dessus de 200 individus, dans les limites de la répartition actuellement connue de l'espèce; lorsqu'une deuxième population stable ou en croissance de 100 à 200 individus sera découverte ou établie, demander au COSEPAC de changer la classification à "espèce menacée"; lorsqu'une troisième population stable ou en croissance, de 100 à 200 individus, sera établie, demander au COSEPAC d'améliorer la classification à "espèce vulnérable".

 

Sommaire des activités de recherche et de surveillance :

- 1987 à 1998 : les activités de marquage-recapture touchant 10 à 15 % de la population mondiale ainsi que le travail de télémétrie ont indiqué une diminution de la survie dans les coupes à blanc et une répartition restreinte; les prédateurs terrestres constituent aussi un facteur de mortalité important.

- 1992 à 1998 : le dénombrement de la population et les recherches pour trouver de nouvelles colonies ont confirmé le déclin de la population, la diminution de la survie dans les coupes à blanc et la répartition très restreinte.

- 1994 : début d'une collaboration scientifique internationale; préparation de l'évaluation des risques de maladies.

- 1995 : étude de la qualité de l'habitat; chacun des huit sites potentiels de lâcher se conformait aux critères minimaux, mais seulement un site a été jugé " à potentiel élevé ".

- 1997 : fin de l'étude de la métapopulation basée sur le Système d'information géographique; les résultats indiquent que les Marmottes de l'île Vancouver n'ont pas colonisé les coupes à blanc selon leur disponibilité, mais sont plutôt empêchées par la création de coupes à blanc à proximité où elles peuvent s'établir.

- 1998 : cueillette d'échantillons fécaux et de sang aux fins d'analyse pour le Yersinia et d'autres pathogènes éventuels; différentes espèces de Yersinia ont été identifiées, mais on n'a pas pu attribuer la mortalité à un pathogène particulier.

 

Sommaire des activités de rétablissement après l'établissement de la réserve écologique du lac Haley en 1987 :

- 1992 : expansion de la réserve écologique du lac Haley à 127 hectares, aire essentielle de gestion de la faune de Green Mountain (300 hectares).

- 1994 : mise sur pied du programme mondial " adoptons une marmotte ".

- 1996 : établissement d'un programme de réintroduction dans un alpage naturel, qui s'est révélé un échec.

- 1997 : nouveau programme d'élevage en captivité au Zoo de la communauté urbaine de Toronto dans le but de mettre au point des techniques pour la reproduction de marmottes en captivité.

- 1998 : des musiciens de Victoria ont organisé un concert bénéfice "Marmot-Aid"; 237 marmottes ont été "adoptées" (en hausse : 102 adoptions en 1997); et plus de 4 000 personnes ont répondu à la campagne "Sauvez la marmotte". Les efforts de reproduction en captivité au zoo de Toronto se sont accrus (quatre nouvelles marmottes se sont ajoutées aux six marmottes initiales, deux des dix marmottes sont mortes, par la suite); le Zoo de Calgary a reçu quatre marmottes en août pour créer une deuxième colonie en captivité.

 

Progrès de rétablissement :

Aucun des objectifs essentiels de rétablissement n'a été atteint, et les populations ont diminué abruptement depuis la mise sur pied de l'équipe de rétablissement. L'équipe a maintenant acquis une compréhension de l'écologie et de la répartition de l'espèce; les données sur l'ampleur de la population, sa répartition et ses tendances sont maintenant connues avec une certaine précision. Des méthodes de réintroduction et d'élevage en captivité ont été élaborées. En 1998, une Fondation pour le rétablissement de la marmotte a été créée et a obtenu le statut d'organisme de charité enregistré; la Fondation est chargée de mettre en oeuvre le plan de rétablissement et d'amasser les fonds nécessaires pour le faire. Le gouvernement de la Colombie-Britannique et la compagnie MacMillan-Bloedel ont promis chacun un million de dollars pour appuyer les efforts de rétablissement. On a préparé un plan général pour la création d'un centre de reproduction au mont Washington.

 

Objectifs (1999-2000) :

1) ajouter entre six et huit individus au programme de reproduction en captivité du zoo de Calgary;

2) prévoir d'autres activités de réintroductions, d'évaluation d'habitat et de création d'une installation de reproduction sur l'île de Vancouver;

3) continuer les dénombrements des populations et les travaux de télémétrie;

4) continuer les activités de communication avec le public;

5) procéder à une étude, par des étudiants de 2e ou de 3e cycle, sur la disponibilité d'habitats pour la réintroduction

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